III. Argumenter le choix de l'entreprise entre « faire » et « faire faire »
La décision de conserver certaines activités ou au contraire de les confier à un prestataire extérieur peut découler d'une analyse de la chaîne de valeur au sens de Michael Porter.
La chaîne de valeur est un processus permettant d'identifier les différentes activités d'une entreprise pour distinguer celles qui sont créatrices de valeur et les autres.
Les activités créatrices de valeur se répartissent en deux catégories : les activités principales et les activités de soutien.
Les activités principales sont constituées notamment de :
– la logistique interne (réception, stockage et manutention des matières premières et des marchandises nécessaires à la production),
– la production,
– les ventes et le marketing.
Parmi les activités de soutien figurent :
– l'approvisionnement,
– le développement technologique ainsi que la recherche et développement ,
– la gestion du personnel,
– les fonctions liées à l'infrastructure de l'entreprise, comme la finance et la comptabilité.
A. Le choix de « faire »
L'analyse de la chaîne de valeur peut aider l'entreprise à identifier les activités qui doivent être conservées en interne.
En effet, l'entreprise doit être performante sur ses activités clés, c'est-à-dire celles qui constituent son cœur de métier et qui sont sources d'avantages concurrentiels. Au sens de Porter, les activités principales constituent le cœur de métier de l'entreprise. Ces activités doivent donc être privilégiées par l'entreprise.
Par ailleurs, en conservant la totalité des activités liées au processus de production, l'entreprise peut réduire ses coûts de transport, de gestion de stock et de logistique, et avoir une plus grande maîtrise sur la qualité des produits.
Pourtant, certains secteurs d'activité, comme l'industrie du luxe et l'industrie automobile, ont massivement recours à des stratégies d'impartition.
B. Le choix de « faire faire »
Le principe de l'impartition consiste à « faire faire » une partie ou l'intégralité des activités de l'entreprise à des partenaires extérieurs.
L'entreprise choisit alors d'externaliser certaines activités non clés, pour lesquelles elle est moins performante que d'autres acteurs sur le marché.
Traditionnellement, l'impartition comprend les activités de sous-traitance, de concession et de franchise, qui créent des relations de coopération étroite entre les différents partenaires.
En recourant à l'impartition, les entreprises cherchent à bénéficier du savoir-faire spécifique de leurs partenaires, et se recentrent sur les activités créatrices de valeur.
En allégeant leur structure et en la réduisant aux activités essentielles, les entreprises peuvent améliorer leur fonctionnement, gagner en flexibilité, et se concentrer sur les activités sources d'avantages concurrentiels, comme l'innovation.
Mais l'impartition crée également une dépendance réciproque entre les partenaires, et peut entraîner une perte de savoir-faire qui fragilise l'entreprise. Dans l'industrie du luxe et dans l'industrie automobile, le développement de la sous-traitance permet bien de mettre en évidence les avantages et les contraintes des donneurs d'ordre et de leurs sous-traitants dans cette stratégie d'impartition.