III. Prendre en compte les facteurs de contingences influençant l'organisation des ressources

L'entreprise est au cœur d'un système qui la met en relation avec de nombreuses parties prenantes (salariés, clients, fournisseurs, banque...). Ces parties prenantes ont une incidence (en termes de menaces ou d'opportunités) sur la gestion des ressources et des compétences de l'entreprise.

A. L'influence des parties prenantes

Chacune des parties prenantes peut influencer la réalisation des objectifs de l'entreprise ou être influencée par elle.

– Les actionnaires apportent des fonds propres à l'entreprise. Ils attendent de l'entreprise qu'elle leur verse des dividendes.

Les salariés contribuent à l'activité et au bon fonctionnement de l'entreprise. Ils attendent de l'entreprise qu'elle leur offre une rémunération, des conditions de travail intéressantes...

Les clients contribuent à la réalisation des objectifs de l'entreprise en termes de chiffre d'affaires. Leurs attentes concernent le prix, la qualité, la sécurité des biens et services et les délais.

Les fournisseurs apportent les biens et services dont l'entreprise a besoin. Leurs attentes concernent le prix, le volume des ventes et la solvabilité de l'entreprise.

Les banques assurent le financement de l'activité de l'entreprise. Elles attendent de l'entreprise le remboursement des sommes empruntées ainsi que le paiement d'intérêts.

L'État et les collectivités locales fournissent des services publics : infrastructures, sécurité, éducation. Ils attendent de l'entreprise le paiement des impôts, taxes et cotisations sociales.

Les associations et ONG ont des attentes diverses : défense des intérêts des consommateurs, de l'environnement...

Les intérêts des parties prenantes peuvent évoluer dans le temps et peuvent être contradictoires ou convergents selon la période. Les parties prenantes peuvent contester ou partager le pouvoir des dirigeants. Elles peuvent entretenir avec ces derniers des relations conflictuelles ou partenariales.

B. Les sources de pouvoir des parties prenantes

Fondamental

Un contre-pouvoir est un groupement organisé agissant pour limiter le pouvoir d'un décideur. Les parties prenantes d'une entreprise exercent un contre-pouvoir lorsqu'elles estiment que les décisions prises par les dirigeants de l'entreprise portent atteinte à leurs intérêts.

Cyert et March ont montré que le fonctionnement d'une entreprise pouvait être décrit comme une coalition d'acteurs (parties prenantes) dont les objectifs sont souvent contradictoires. Ils considèrent que la prise de décision est le résultat de l'ensemble des pouvoirs exercés par l'ensemble des parties prenantes. Le rôle du décideur est donc de faire converger (temporairement uniquement car elles sont structurellement opposées) les opinions vers un objectif commun.

Les parties prenantes exercent une influence plus ou moins forte sur le processus décisionnel grâce aux moyens d'action qu'ils détiennent.

Les salariés utilisent comme moyens d'action la grève totale ou partielle, l'information vers la presse, l'attaque en justice...

– Les consommateurs peuvent boycotter les produits, mener des actions en justice...

Les actionnaires peuvent vendre les actions, révoquer les dirigeants, utiliser leur droit de veto lors des votes en AG...

Les associations et les ONG peuvent informer les populations locales clientes, alerter l'opinion internationale, diffuser les résultats d'enquêtes dans la presse...

L'État peut modifier la réglementation, réprimer, modifier la fiscalité...

Les fournisseurs peuvent modifier les prix, ne plus proposer les produits demandés...

C. L'influence des valeurs liées à la RSE

Fondamental

S'engager dans une logique RSE va permettre à l'entreprise de mieux répondre aux défis auxquels elle est confrontée (climat, approvisionnement, demande de transparence...) et aux attentes de ses parties prenantes qui sont de plus en plus nombreuses sur ces sujets.

Mesurer et évaluer l'impact de ses activités en matière environnementale et sociétale va permettre à l'entreprise d'anticiper les risques auxquels elle pourrait être confrontée, mais aussi d'agir plus efficacement pour réduire son empreinte carbone.

À terme, si les entreprises ne prennent pas en compte les impacts environnementaux et sociétaux de leurs activités, c'est leur pérennité qui est menacée.

Par ailleurs, les attentes des parties prenantes, qu'il s'agisse des consommateurs, des associations, syndicats ou actionnaires, étant de plus en plus fortes sur ces sujets, l'entreprise risque de voir son image ternie et donc de perdre une partie de sa valeur immatérielle (risques réputationnels).