II Identifier les conséquences du déploiement du numérique sur le management et les processus décisionnels
A. L'émergence de nouvelles structures plus réactives
1. Un besoin de flexibilité dans un environnement ouvert et incertain
La vitesse de circulation de l'information, les TIC, l'ouverture des marchés, la mondialisation, la déréglementation, la main-d'œuvre plus informée et mieux formée... sont autant de facteurs qui amènent les entreprises à gagner en flexibilité et en réactivité, afin de rester compétitives. La flexibilité – qui se caractérise par la polyvalence des équipes, une approche par les processus et des fonctions décloisonnées, la souplesse de la hiérarchie... – donne à l'entreprise davantage de souplesse et de rapidité d'adaptation face à des changements rapides.
Aussi, les entreprises ont évolué vers des modèles d'organisation plus réactifs et agiles, selon un double mouvement de spécialisation et d'intégration des entités :
– la spécialisation des entités : la dispersion géographique des activités amène les entreprises à constituer des divisions spécialisées selon les différents marchés ou clients, au plus près des attentes des clients. Cela leur permet de garder plus de souplesse et de flexibilité au niveau des divisions de l'entreprise, chaque division étant capable de réagir à son marché ou client spécifique ;
– l'intégration des entités : malgré la spécialisation des entités, celles-ci sont en situation d'interdépendance tant au niveau des processus productifs que des interactions entre leurs membres. Le SI facilite les processus d'intégration en permettant une coordination et une cohérence d'ensemble.
2. Les entreprises en réseau
L'organisation en réseau permet à des entreprises juridiquement distinctes de travailler en collaboration autour d'un projet commun. Celles-ci sont reliées juridiquement par des liens contractuels qui définissent leur coopération. Le réseau leur offre ainsi la possibilité d'accéder à des marchés auxquelles elles n'auraient pu accéder seules, de partager des qualifications... Le numérique facilite les liens entre les partenaires (clients et fournisseurs), par le partage des données qu'il permet. On parle d'entreprise « étendue ».
3. De nouvelles formes d'organisation du travail
Le déploiement du numérique dans l'entreprise, qui repose sur les TIC, facilite la communication et l'échange d'informations instantanées. Il favorise donc des modes de travail collaboratif et l'esprit d'équipe par la mise en réseau et la transversalité des projets qu'il permet.
4. L'action collective
La dynamique du changement s'inscrit dans l'action collective car il s'agit d'atteindre des objectifs communs à l'ensemble des salariés de l'entreprise. Pour cela, il est nécessaire que tous œuvrent dans le même sens. En cas de manque d'implication de l'ensemble des parties prenantes de l'entreprise dans la conduite du changement, des risques de résistance au changement de certaines de ces parties prenantes pourraient amener à des blocages dans l'atteinte des objectifs.
B. L'apparition de nouveaux risques liés au système d'information
1. Sécuriser les données
Le SI est un facteur de risques, comme les risques de cyberattaque (virus, piratage, intrusion dans le SI de l'entreprise, vols de données...), ceux liés aux défaillances des logiciels de pilotage ou encore les risques sociaux (utilisation excessive à des fins personnelles par les salariés des moyens informatiques professionnels, perméabilité entre sphère privée et professionnelle...).
2. Les coûts des cyberattaques
Les cyberattaques peuvent engendrer des coûts importants : perte de chiffre d'affaires, frais d'enquête administrative, plaintes, actions en justice, dédommagements des victimes en cas de fuite d'informations personnelles, perte de valeur en Bourse suite à la perte de confiance des investisseurs, montant de la rançon si celle-ci est payée par l'entreprise aux hackers.