II Identifier les conséquences du numérique sur les modes de production

A. L'évolution des modèles économiques de l'entreprise

1. Le business model de plateforme et la digitalisation

Un business model fondé sur une plateforme fonctionne à double sens et est alimenté en continu par différents acteurs de l'écosystème, et inversement, pour une création de valeur permanente.

L'écosystème désigne l'ensemble des partenaires digitaux sur lesquels s'appuie l'entreprise en utilisant leurs ressources sans en être propriétaire.

Par exemple, l'App Store, le magasin d'applications développé par Apple depuis 2008, propose sa plateforme pour mettre en relation des utilisateurs et des développeurs d'applications. La valeur de la plateforme augmente avec le trafic généré grâce à l'augmentation de l'offre et de la demande qui s'autoalimentent.

On constate que les PME françaises sont en retard par rapport aux entreprises européennes en matière de digitalisation. Les freins proviennent aussi bien d'un manque de compétences numériques que d'informations sur le potentiel de croissance, les leviers de développement pour le business des PME.

La transformation digitale des PME françaises permet de résister face à une concurrence accrue et aux nouveaux comportements d'achat des consommateurs

2. Les nouveaux modèles économiques et stratégies des entreprises

Dans un environnement numérique, les entreprises adaptent leurs modes de production de biens et services.

Trois modèles économiques principaux sont offerts par les entreprises :

le modèle « Free to play » propose un accès gratuit à des services ;

le modèle « Freemium » est gratuit pour une offre de base et propose une offre complète payante ;

le yield management module la tarification en fonction de la demande. Il est très utilisé par des entreprises ayant de forts coûts fixes, comme les entreprises ferroviaires ou les compagnies aériennes. Il permet de fixer le prix de vente de façon à assurer une couverture optimale des charges fixes.

Par ailleurs, les entreprises adoptent des normes, fixées par des organismes de normalisation, et des standards, soit des recommandations d'utilisateurs, pour assurer la compatibilité, la pérennité et l'évolutivité des techniques intégrées dans les nouveaux produits.

B. Les conséquences du numérique sur l'emploi

1. Les effets des innovations numériques sur l'emploi

Du point de vue quantitatif, le numérique a eu globalement des effets favorables sur l'emploi au cours des 30 dernières années.

Toutefois, l'automatisation fait peser des risques sur les emplois car elle tend à remplacer les hommes par des machines, en particulier pour les tâches pouvant être robotisées.

Les pays de l'OCDE les plus exposés au risque d'automatisation sont l'Allemagne et l'Espagne : 12 % des emplois présentent un risque élevé d'automatisation (70 % des tâches sont automatisables). La France, avec seulement 9 % de risque, est moins exposée que l'Allemagne en raison d'un secteur industriel moins important.

Les secteurs confrontés au risque d'automatisation sont l'alimentation, le nettoyage, les transports, la construction, l'automobile..., notamment pour les emplois peu qualifiés.

2. L'évolution des métiers à l'ère du numérique

D'un point de vue qualitatif, le numérique a modifié et complexifié le contenu des métiers. L'intelligence artificielle et la robotique font naître de nouveaux besoins et de nouveaux métiers : 85 % des emplois de 2030 n'existent pas encore aujourd'hui.

Les métiers récents se multiplient : roboticien, data scientist, data analyst, pilote de drone civil, imprimeur 3D... De nouveaux métiers commencent à émerger : psydesigner, éthicien...

Mais, de façon concomitante, le numérique produit aussi de nombreux emplois faiblement qualifiés, précaires et mal rémunérés. Les « travailleurs du clic », comme on les appelle, effectuent, pour le compte de différentes plateformes dédiées, des micro-tâches comme la modération de contenus, la vérification de résultats produits par des algorithmes ou la réponse à des sondages en ligne.